Ces quelques posts se veulent une observation du quotidien de nos couleurs.

Elles sont omniprésentes même si nous n’y prêtons pas forcément attention. Les couleurs qui nous entourent nous paraissent normales, peut-être même banales.
Et pourtant, le choix d’une couleur n’est que le résultat d’une longue histoire et d’un processus complexe.

L’association des couleurs l’est encore plus en ce sens que l’acceptabilité d’une harmonie de couleurs varie en fonction du temps et des lieux. Ainsi le bleu, inexistant, dans l’Antiquité, est aujourd’hui la couleur favorite des européens (lire à ce sujet « le bleu » de Michel Pastoureau – Editions du Seuil 2000).

Par conséquent, loin d’être stables et normatives, les couleurs nous accompagnent dans notre quotidien et constituent une terre où se mêlent histoire, symboles et esthétisme.


Bienvenu au pays de la couleur !













dimanche 19 avril 2015

DEBOUTONNER LA MODE

 
 
Veste à boutons papillon d'Elsa Schiaparelli
 

Boutons de la période révolutionnaire

 
Veste d'Elsa Schiaparelli dont les boutons de verre sont remplis de pétales de fleurs

 
Robe de Paul Poiret

 
Extrait de la collection d'Henri Hamm
 
 
 
Le Musée des Arts Décoratifs a eu l’heureuse idée de consacrer sa nouvelle exposition au bouton. On comprend très vite que sa fonction est loin d’être utilitaire mais esthétique et objet de créativité pour les couturiers. Gabrielle Chanel s’en est emparée comme un élément distinctif, par ses deux C entremêlés. Bien entendu, la couleur a habillé, transformé le bouton au point de révéler la personnalité du vêtement comme pour la veste d’Elsa Schiaparelli présentée en début d’exposition. Le bouton papillon lui donne un caractère épatant, pour reprendre un vocabulaire d’époque.
La collection des boutons d’Henri Hamm composée de plus de 900 pièces laisse également place à une variété de teintes qu’on se figure sans fin.
Et que dire de la période révolutionnaire avec ses représentations citoyennes ? Boutons bleus, blancs, rouges bien sûr !
Après avoir vu cette exposition, vous ne verrez plus le bouton de la même façon !
 

samedi 18 avril 2015

L'INDE, PAYS DE TOUTES LES COULEURS


« Indian Palace Suite royale » confirme que l’Inde est le pays de la couleur et plus encore …. le pays où tous les mélanges de couleurs sont possibles.

Aucune objection à ce que le sari de la mère du héros soit rouge sur une épaule, rose et jaune sur l’autre avec un ruban argenté comme délimitation. Et, c’est beau. De quoi nous interroger sur la codification occidentale …

dimanche 15 mars 2015

JEANNE LANVIN, PAPESSE DU BLEU


L’exposition qui vient de s’ouvrir au Palais Galliera rend hommage à une figure emblématique de la Haute Couture : Jeanne Lanvin, née au XIX éme siècle et décédée en 1946. Le passage d’un siècle à l’autre est flagrant au regard des modèles exposés, à l’exception des teintes, décors et broderies dont la constance est affirmée.

Trois familles de couleurs retiennent l’attention.

Le noir bien sûr. Celui de Jeanne Lanvin est pluriel car les matières utilisées sont assorties de sorte que les reliefs des noirs rendent le vêtement subtilement lisible. Les robes « saturne » ou « Milady » en sont des illustrations raffinées par le mélange de soie, de tulle et de taffetas.

Si le noir est largement présent, le bleu reste la couleur favorite de Jeanne Lanvin, au point de parler de « bleu Lanvin », c'est-à-dire celui des vitraux ou de Fra Angelico comme le souligne les commentaires de cette exposition. Toutefois un des écrans montrant les cahiers de travail souligne avec qui ce bleu peut composer des harmonies selon la couturière. Et on y croise du rose pâle, du rouge, du bleu plus sombre et du noir.

Enfin, la dernière famille de couleur peut être perçue comme inattendue : le chair, c'est-à-dire ce que l’époque contemporaine a rebaptisé le nude … pas si nouveau en somme !

jeudi 26 février 2015

VERS UNE NOUVELLE EVOLUTION DU COSTUME MASCULIN ?











Une des comédies à l’affiche depuis quelques semaines, Toute première fois, de Maxime Govare et Noémie Saglio (photo 1) montre un visage moderne de notre société. Voici qu’un homosexuel tombe amoureux d’une femme. Bon. Mais, cette histoire de coming out inversé affiche aussi, mine de rien, une autre forme de modernité, celle de l’évolution colorée du vêtement masculin. Les pantalons sont désormais jaunes (curry pour les plus timides), rouges magenta ou bleus cyan. L’audacieux bleu marine n’a qu’à bien se tenir ! Ce que les costumiers du film ont bien su capter, c’est la mode de la rue, car loin d’être une mise en scène imaginaire, de plus en plus d’hommes, portent désormais ces couleurs … un peu comme au Moyen Age, d’ailleurs.

Un cran au-dessus, Christian Lacroix au Musée Cognac Jay, nous offre une vision lumineuse et atypique du costume masculin. Que ce soit la redingote du XVIII éme siècle revisitée en rose fuchsia (photo 2), le costume composée de multiples tissus, dont un brocart de Walter Van Beirendonck, issu de la collection personnelle de Christian Lacroix (photo 3) ou la composition automnale mélangeant pantalon à carreaux, chemise de cotonnade à motifs cachemire, veste chargée de motifs cramoisis et écharpe jaune et grise (photo 4), le vêtement d’homme se charge de couleurs et d’imprimés plutôt chatoyants.

Il faut tout particulièrement noter le commentaire du panneau de la salle où se trouve la redingote rose. Est présentée comme une relation de cause à effet, le costume et l’émergence de l’individu. Dans ce XVIII éme siècle où un nouvel ordre social est en train de se mettre en place, le costume accompagne le mouvement et s’affiche, comme cela a été le cas si souvent, d’un message politique. L’individualité est matérialisée, exprimée par l’habillement. La dernière loi somptuaire datant du règne de Louis XIV, le champ d’expression par l’apparence est désormais libre. On voit d’ailleurs mal comment circonscrire ce constat au seul XVIII éme siècle …

L’évolution contemporaine colorée du vêtement masculin serait-elle annonciatrice d’une nouvelle ère sociologie ?

C’est en tout cas, un aspect inattendu de la parité.

mercredi 18 février 2015

ROUGE INCONGRU

 
Pour ceux qui pensaient encore que le port de la couleur était insignifiant, Phoenix, le dernier film de Christian Petzold, pose une question atypique, voire saugrenue de prime abord. Dans un contexte d’après-guerre où le personnage principal, fraîchement revenu d’Auschwitz tente de se réapproprier sa vie, Christian Petzold interroge sur la bonne couleur à porter lorsque l’on revient d’un camp de concentration.

Question incroyable, non ? Et pourtant, au travers d'un très court dialogue, il nous est  rappelé que loin d’être incongrue et indécente, la question de la couleur est celle de la norme culturelle et de son sens.

 

 

mardi 17 février 2015

COULEUR DU TEMPS



 
Oznoon by junior Fritz Jacquet
 
 
Robe d’Ali Thompson
 
 
Collier de papier avec diamant de METYLIS
 

Il est parfois bien compliqué de nommer la couleur.
L’exposition Design et artisanat d’art qui se tient en ce moment à l’Hôtel de Ville de Paris présente des artistes de Berlin et de Paris pour la troisième année consécutive. Outre quelques pièces de couleurs très vives, la tendance est plutôt à la douceur laiteuse jusqu’à la transparence.
 
Interrogatifs sur la qualification de ces couleurs, on finit par se dire que quels que soient les noms de ces teintes, elles semblent nous faire franchir la porte du rêve et de la poésie.


lundi 16 février 2015

INDIGO, COULEUR DE L'UNIVERSEL



La Bibliothèque Forney dans le très bel Hôtel de Sens , accueille une exposition sur le thème de l'indigo "un périple bleu".
On est tout d’abord surpris par l'universalité de cette couleur. En effet si la première salle est consacrée à l’Europe, les autres  traitent de l’Asie (Chine et Japon essentiellement), de l’Afrique, des Amériques et de l’Inde. L’indigo apparait dès lors comme une lumière, qui a manifestement captivé les hommes de civilisations tellement différentes.

On y remarque également des nuances de teintes très fines. La couleur n’est pas une mais plurielle. Du pastel européen à l’indigo très sombre chinois en passant par les tonalités indiennes d’une variété insoupçonnable, on prend conscience que cette couleur donne aussi sens à des cultures.
Pour la Chine, l'indigo sera un médicament qui préserve du soleil, des insectes et du sable.
L'exposition nous rappelle également le sens et l'origine du denim. Vous l'ignorez ? Alors courez voir cette exposition .... c'est jusqu'au 18 avril 2015.