Ces quelques posts se veulent une observation du quotidien de nos couleurs.
Elles sont omniprésentes même si nous n’y prêtons pas forcément attention. Les couleurs qui nous entourent nous paraissent normales, peut-être même banales.
Et pourtant, le choix d’une couleur n’est que le résultat d’une longue histoire et d’un processus complexe.
L’association des couleurs l’est encore plus en ce sens que l’acceptabilité d’une harmonie de couleurs varie en fonction du temps et des lieux. Ainsi le bleu, inexistant, dans l’Antiquité, est aujourd’hui la couleur favorite des européens (lire à ce sujet « le bleu » de Michel Pastoureau – Editions du Seuil 2000).
Par conséquent, loin d’être stables et normatives, les couleurs nous accompagnent dans notre quotidien et constituent une terre où se mêlent histoire, symboles et esthétisme.
Bienvenu au pays de la couleur !
samedi 26 septembre 2015
FLEUR DE SOUFFRE
lundi 20 juillet 2015
DIOR ET MOI .....ET LA COULEUR
Même
si l’objet de ce documentaire n’est pas à proprement dit la couleur mais la
préparation du premier défilé de Raf Simons à la tête de la Maison Dior, il est
frappant de voir combien elle est présente.
D’abord
de par Christian Dior lui-même, car sa maison d’enfance à Grandville a une
façade rose saumonée alors que le gravier est gris. Le rapport des deux
couleurs semble l’avoir tellement marqué qu’il en a fait un des codes de la
Maison Dior. Et il est vrai que parmi les modèles présentés, on constate que
ces deux couleurs continuent de se côtoyer avec ravissement.
Ce
code est aussi détourné par plusieurs audaces chromatiques. La première
consiste à marier ce rose (auquel on a ajouté des paillettes) à une dentelle
bleue et noire ; la fluidité des étoffes permettant de les mélanger
allègrement. La seconde concerne l’utilisation des toiles de Sterling Ruby qui
tiennent lieu d’inspiration de robes et manteaux.
On
sort de ce documentaire touché par la personnalité de Raf Simons et admiratif
de cette capacité à revisiter et à moderniser des codes qui pourtant datent de
l’après- guerre.
dimanche 12 juillet 2015
COULEURS RENAISSANCE
Portrait du couronnement d'Elisabeth Ier
Catherine Parr
Marie Ier
Le duc d'Alençon
Robert Dundley
Eric XIV de Suède
Avec
les Tudors, rien n’est à inventer. Dynastie pourtant brève, ils ont su marquer
leur temps avec éclat. Les peintures exposées au Musée du Luxembourg témoignent
de cette grandeur, ou en tout cas de la volonté de laisser à la postérité une
image de magnificence.
Certes
on s’attendait au grand portait d’Henri
VIII peint par Hans Holbein le jeune (affiche même de l'exposition) ou celui du couronnement d’Elisabeth 1er, mais l’exposition révèle
aussi quelques très beaux portraits Renaissance qui montrent des harmonies de
couleurs osées et lointaines des normes en vigueur, comme celui de Catherine Parr par « Master John »,
celui de Marie Ier du même auteur ou
encore des portraits des prétendants d’Elisabeth Ier : Prince Hercule –
François, duc d’Alençon, Robert Dudley, comte de Leicester et Eric XIV de
Suède.
Un objet atypique est à voUn
objet atypique figure parmi ces portraits : la bague d’Elisabeth Ier qui s’ouvre
sur le devant laissant découvrir deux minuscules portraits, d’elle et de sa
mère, Ann Boleyn ..... peut-être pas si cruels les Tudors.
samedi 11 juillet 2015
NOIR VELAZQUEZ
Avant
le noir Manet*, il y a sans doute eu le noir Velazquez. Lors de la visite de l’exposition
qui se tient au Grand Palais, on ne peut être que frappé par les subtilités des
noirs. Certes le clair obscur du Caravage n’est pas loin, surtout dans ses
premières années de peintre, mais les tissus noirs se font écho les uns les
autres car la teinte d’une soie n’est pas la même que celle d’une laine.
Ainsi
le Portrait de l’Infant Baltasar Carlos
de 1645 montre des contrastes entre les étoffes et les plis de la matière. Les mêmes
contrastes sont accentués pour le Portrait
de Pablo Valladolid montrant un noir tantôt mat, brillant, saturé ou au
contraire passé.
La
couleur n’est cependant pas en reste, car Velazquez n’hésite pas à mêler le
rose au jaune dans Philippe IV en tenue
de campagne ou de montrer le Pape
Innocent X en cape rose brillante. Quant aux différents portraits de l’Infante
Marguerite, ils porteront eux aussi les marques des couleurs les plus vives.
*
Manet qui disait de Velazquez qu’il était « le peintre des peintres ».
mardi 30 juin 2015
GENEREUX MUSEE DE GRENOBLE
Composition de Polke
Thomas Schütte
Thomas Schütte
La belle dame à la violette de Gaston Chaissac
Penone
Les tapis rouges de Matisse
Songe d'une nuit d'été de Chagall
Amusement de Van Dongen
Le
Musée de Grenoble est encore à la pointe en matière d’art contemporain. Premier
Musée d’art moderne en France, il expose ses acquisitions des dix dernières
années dans un parcours de « Picasso à Warhol ».
On
y croise des artistes allemands comme Polke (qui avait lui-même fait l’objet
d’une exposition) dans sa « Composition » de 1996 qui
révèle un travail subtil de la couleur mais également Thomas Schütte, qui n’est
pas sans rappeler Messerschmitt dans sa sculpture alors que son dessin est
aussi raffiné que coloré.
Gaston
Chaissac nous envoute de ses coloris tranchés dans « la belle dame à la
violette », tandis que Penone se joue de la nature en nous emportant vers
une poésie visuelle.
Mais
le Musée de Grenoble, ce sont aussi de belles collections de Matisse (parmi les
premiers dons en 1922) ou de Chagall, sans oublier quelques trois très beaux
Van Dongen.
lundi 29 juin 2015
COULEUR CHAIR
Femmes
à la toilette ou comment ce que l’on pense être une normalité, voire une
banalité est en réalité le fruit d’une longue évolution …. renseignée et
illustrée par l’art.
On
commence en effet le parcours par le XVIéme siècle avec le « Portrait de
Gabrielle d’Estrées et de la Duchesse de Villars au bain ». On peut noter
dès ce tableau l’importance de la couleur de la peau : très banche pour la
maîtresse royale, plus brune pour la servante.
Le
symbolisme de la couleur chair est constant tout au long des œuvres et quels
que soient les siècles : chez Boucher avec la « jupe relevée »
de 1742, chez Manet et Berthe Morisot, chez la prostituée de Kupka de 1908
comme chez Bonnard dans « Marthe à sa toilette » de 1919. Le XXéme
siècle n’échappe pas à la fascination de cette peau claire, comme le montre la
photo d’Erwin Blumenfeld de 1948.
La
peau n’est pas blanche, elle est laiteuse et attire l’œil de sorte que le décor
semble tout à fait secondaire. L’art véhicule des archétypes, que les temps présents
commencent tout juste à remettre en cause.
lundi 8 juin 2015
LA COULEUR COMME REMERCIEMENT
Les
apports de l’immigration racontée par la mode. C’est le pari audacieux que le Musée
de l’Immigration a fait en organisant une exposition dédiée aux couturiers
étrangers qui ont œuvré, à et pour la mode française.
Si
le noir y est omniprésent, sa mise en scène est variée, comme l'illustrent les « 6+1 »
d’Anvers aux influences punk et Elsa Schiaparelli qui le conçoit en relief avec des petites
écailles dans sa « robe d’après midi » de 1933.
La
couleur éclate avec les japonais comme dans la robe longue de 1994 d’Issey
Miyake composée de bandes blanches, noires, bleus, oranges, roses, vertes et
jaunes. Kenzo n’est pas en reste et ajoute aux mélanges aventureux des couleurs
celui des imprimés.
Il
est également émouvant de noter que des hommages à la France sont rendus comme
à travers ce manteau et cette robe bleu blanc rouge de Paco Rabanne en 1974,
que l’on lit comme un remerciement.
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